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Triste anniversaire…

Article publié le mercredi 17 mars 2021
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Triste anniversaire…

Triste anniversaire. Depuis exactement un an, nos vies sont chamboulées. Une année de confinements, de polémiques (sur le port du masque, par exemple, inutile il y a un an, souvenez-vous,) de nouveaux gestes barrières et protocoles à acquérir… le bateau Education Nationale tangue mais tient bon. Aujourd’hui encore, les personnels en écoles et établissements se sentent sous pression et naviguent encore à vue face à l’avenir avec les
élèves. Les services continuent de fonctionner avec un réel engagement.

A l’heure où nous devrions nous concentrer sur la répartition des moyens alloués pour la rentrée, qui s’annonce encore bien atypique, plusieurs voiles obscurcissent notre vision.

Le premier, le projet de loi appelée 4D qui vient d’être transmis en Conseil d’Etat. Il semble que ce projet ne prévoit plus la décentralisation des personnels de santé scolaire. C’est une bonne nouvelle pour notre système éducatif, les personnels et les élèves. En
revanche, si le transfert pur et simple des adjoint.es gestionnaires aux collectivités locales est abandonné, il reste qu’une expérimentation d’un « pouvoir d’instruction » pour trois ans sera possible pour les collectivités qui en feraient la demande. C’est un moindre mal, mais cela reste un mal. En effet, ce « pouvoir » nous fait craindre des « injonction contradictoire » chaque fois qu’il y aura divergence entre le.la chef.fe d’établissement représentant de l’État et le.la président.e de la collectivité. Les gestionnaires seront donc dans une situation impossible entre le marteau et l’enclume au mépris de
leur bien-être au travail voire de leur santé physique et mentale. Mieux vaudrait intelligemment réfléchir à donner tout son sens au principe d’association des collectivités locales, dont le rôle moteur est essentiel, au service public national d’éducation. Dans la loi actuelle, les outils existent : c’est le conventionnement Etat, collectivité, établissement. Comment se prépare l’académie à cette nouvelle donne ?

Toujours en relation avec la collectivité, mais dans un tout autre domaine, quelle est la place de l’académie quant à l’expérimentation de l’école en plein air ?

Le deuxième voile est la dotation, qui n’est clairement pas à la hauteur de la situation inédite et prolongée que subit notre pays, et de fait, l’Education nationale. Avec l’intersyndicale, nous demandons l’augmentation de cette enveloppe et la prolongation jusqu’en juillet des contrats des renforts d’AED et PE concédés par le Ministre… Alors même que notre ministre a reconnu que l’éducation nationale était sous administrée, à l’échelle nationale, nous ne pouvons que regretter qu’il n’y ait aucune création d’emplois administratifs ni ITRF. Sur Paris, on ne bénéficie même pas de la dotation régionale de 6 postes suite au redéploiement national. Non pas que nos académies voisines n’en aient pas besoin mais, nous aurions aimé connaître les critères de répartition retenus par la région académique. Nous avons eu l’occasion d’en parler au dernier CTAC. Sur les postes de santé sociaux, comme pour l’anti-dotation des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation, nous nous exprimerons d’avantage lors du point à l’ordre du jour. Toutefois, le constat est le même, les enveloppes sont en contradiction avec les ambitions éducatives affichées dans les médias.

Le troisième est la mise en place de la RH de proximité. Si nous étions demandeurs.euses d’une telle mesure, il n’était pas question d’une RH au rabais. Au visalto, les gestionnaires sont déjà débordé.es d’appels, ce qui les empêche de gérer les dossiers. Pour les personnels de direction, le dialogue social a fonctionné quant à la méthode de recrutement et à la personne retenue par le Rectorat. Pour les directeurs.rices d’école, c’est un directeur à la retraite qui est nommé sans que l’on ait pu échanger sur la fiche de poste ou la désignation. Sans remettre en cause les réelles compétences de la personne choisie, est-ce à croire que les ressources humaines sont une forme de bénévolat ? Ce n’est donc pas un vrai métier ? Ce n’est pas sans poser quelque inquiétude. Pour tous les autres personnels, avoir une ligne téléphonique n’était pas la première des priorités, c’était bien d’avoir des réponses. A voir si cela se décante dans le mois à venir, après la mise en place.

Pour conclure, nous saluons et remercions le souci du directeur d’académie de transparence et d’échanges… le dialogue social est en place. Mais des questions restent en suspens. Le bon sens évoqué en réunion informelle ne suffit pas à garantir que les laboratoires ne retoqueront pas le dossier des élèves, dont les parents n’auront pas de carte vitale à montrer, puissent être testés.

Dans tous ces domaines, les valeurs de l’UNSA Education pour un service public de qualité nous animent. Nous attendrons de cette instance des réponses pour réponses aux collègues quant à leurs inquiétudes légitimes mais aussi les renforcer dans l’exercice de leurs fonctions respectives.

 

Plus d’informations sur 75@unsa-education.org

 

Déclaration liminaire au en Comité Technique Académique du 16 mars 2021

Pauline Laby-Le Clercq, représentante UNSA Education au CTA Paris



 
 
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